Lundi 18 mars – De la férie : messe du lundi de la Première semaine de la Passion – Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église – Saint Salvador d’Horta, Frère convers, Premier Ordre Franciscain

De la férie : messe du lundi de la Première semaine de la Passion – Croix et baptême

La Station, à Rome, est dans l’Église de Saint-Chrysogone, l’un des plus célèbres Martyrs de l’Église Romaine, qui a inséré son nom dans le Canon de la Messe.

Le Christ va à la mort, victime de la haine des Juifs, pour obtenir la pénitence aux Ninivites — les catéchumènes sortis du paganisme — et pour leur apporter l’« eau vive » du baptême et de l’Eucharistie. Voici les antiennes directrices du jour : « Au grand jour de la fête, Jésus se tenait debout et criait : Que celui qui a soif vienne à moi et boive » (Ant. Bened.). N’oublions jamais que les paroles du Christ, dans la liturgie, sont non pas du passé, mais du présent : elles s’adressent à nous. « Que celui qui a soif vienne à moi et boive ; de ses entrailles jailliront des sources d’eau vive, dit le Seigneur » (Ant. Magn.). Avec l’ardent désir des catéchumènes, implorons la venue de la fête de Pâques.

  1. La station. — C’est l’église titulaire de Saint-Chrysogone. Le martyrologe raconte de ce saint, le 24 novembre : « La mort du saint martyr Chrysogone. Après avoir souffert longtemps, à cause de la confession constante de sa foi, les chaînes et les tourments de la prison, il fut, sur l’ordre de Dioclétien, traîné à Aquilée. Il y fut décapité et jeté dans la mer. C’est ainsi qu’il obtint la couronne du martyre. » Il mourut vers 304. La maison de ce saint devint propriété de l’Église romaine et, au Ve siècle, on édifia une église sur son emplacement. Depuis, la basilique a été souvent restaurée.
  2. La messe (Miserere mihi). — Dès l’Introït, nous nous unissons au Sauveur souffrant. Lui et nous, nous ne faisons qu’un, le Christ mystique. Les trois premiers chants sont des lamentations du Christ souffrant. Ceci est important pour nous faire comprendre comment nous devons vivre la Passion. Laissons le Christ souffrir, se plaindre, mourir, mais aussi ressusciter en nous. Telle est la fête pascale liturgique. « Par lui et avec lui et en lui », nous célébrons la Passion et la Résurrection. « L’homme m’a foulé aux pieds » (Int. ). C’est une expression forte et imagée. Le Christ, la divine grappe de raisin, est foulée aux pieds dans le pressoir de la Passion et, de cette grappe, sort la boisson salutaire. Laissons-nous presser avec lui. Comparons le chant initial avec le chant final. Quel contraste ! « Le Seigneur des armées est le Roi plein de majesté » (Comm.). C’est la grande loi du christianisme : Par la souffrance à la gloire !

Dans la leçon, Jonas est la figure du Christ. Il se voue à la mort pour sauver ses compagnons ; il est le type du repos de trois jours dans le tombeau, et de la Résurrection. Les deux lectures se correspondent : Les Ninivites païens firent pénitence à la parole de Jonas ; les Juifs restent endurcis et veulent faire mourir le Christ. Les Juifs se demandaient si Jésus ne se rendrait pas chez les païens ; il s’y rend, en effet ; il appelle les païens. Les catéchumènes, qui se tiennent là, sortent du paganisme, ils ressemblent aux Ninivites : le Christ « s’est rendu chez eux et les a instruits. » Ils ont soif et répondent à l’invitation ; ils « boivent de l’eau vive » (Baptême) et « reçoivent le Saint-Esprit » (les catéchumènes, dans la Confirmation ; les fidèles, dans l’Eucharistie). Les Ninivites, par leur conversion, méritent le nom de « peuple de Dieu » ; mais Israël, par son endurcissement, perd ses privilèges et cesse d’être le « peuple de Dieu ». L’image de Jonas et celle des Ninivites pénitents se trouvent fréquemment dans les catacombes et sur les sarcophages de l’ancienne Église. Le jeûne des Ninivites est la figure du Carême chrétien. Nous allons au Saint-Sacrifice comme des Ninivites pénitents et, à l’Offrande, nous portons ces sentiments de pénitence à l’autel (d’où le psaume 6, qui est un psaume de pénitence). La Communion nous conduit au but : nous voyons le « Roi plein de majesté » dans sa Résurrection et son retour.

Lundi 18 mars – De la férie : messe du lundi de la Première semaine de la Passion – Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église – Saint Salvador d’Horta, Frère convers, Premier Ordre Franciscain
De sa foi intègre, le premier concile œcuménique de Constantinople rendit un témoignage éclatant, dans une lettre au pape saint Damase.

Sanctoral

Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église

Cyrille de Jérusalem s’adonna dès ses plus tendres années, avec un très grand soin, à l’étude des divines Écritures, et fit de tels progrès dans cette science qu’il devint un vaillant défenseur de la foi orthodoxe. Plein d’amour pour les institutions monastiques, il se voua à une perpétuelle continence, et voulut embrasser le genre de vie le plus austère. Après avoir été ordonné prêtre par saint Maxime, Évêque de Jérusalem, il s’acquitta avec le plus grand mérite de la charge de prêcher aux fidèles la parole divine et d’instruire les catéchumènes, et composa ces catéchèses vraiment admirables, dans lesquelles, embrassant avec autant de clarté que d’éloquence toute la doctrine de l’Église,-il établit solidement et défendit contre les ennemis de la foi chacun des dogmes de la religion. Il y disserta d’une manière si nette et si distincte qu’il réfuta non seulement les hérésies qui avaient déjà paru, mais encore celles qui s’élevèrent dans la suite, comme s’il les avait prévues : par exemple, en prouvant la présence réelle du corps et du sang du Christ dans l’admirable sacrement de l’Eucharistie. Après la mort de saint Maxime, il fut désigné pour lui succéder par les Évêques de la province. Comme le bienheureux Athanase, dont il était le contemporain, il eut à souffrir durant son épiscopat beaucoup d’injustices et de revers pour la cause de la foi, de la part des factions ariennes ; ces factions, supportant difficilement la véhémence avec laquelle Cyrille s’opposait aux hérésies, l’attaquèrent par des calomnies, et après l’avoir déposé dans un conciliabule, elles le chassèrent de son siège. Pour se soustraire à leur fureur, Cyrille se réfugia à Tarse en Cilicie, et il soutint les rigueurs de l’exil tant que vécut Constance. Ce prince étant mort, et Julien l’Apostat ayant été élevé à l’empire, Cyrille put revenir à Jérusalem où il travailla avec un zèle ardent à détourner son peuple des erreurs et des vices. Mais il fut de nouveau forcé de s’exiler sous l’empereur Valens, jusqu’au jour où furent réprimées la cruauté et l’audace des Ariens, la paix ayant été rendue à-l’Église par Théodose le Grand. Cet empereur reçut Cyrille avec honneur comme un très courageux athlète du Christ et le rétablit sur son siège.

On voit la preuve de la diligence et de la sainteté avec lesquelles le Pontife remplit les devoirs de son sublime ministère, dans l’état florissant de l’Église de Jérusalem à cette époque, état que saint Basile a décrit, après être allé vénérer les lieux saints et y être resté quelque temps. La tradition nous apprend que Dieu illustra par de célestes prodiges la sainteté de ce vénérable évêque. Parmi ces faits, on cite la célèbre apparition d’une croix plus brillante que les rayons du soleil, événement qui signala le début de son épiscopat. Païens et Chrétiens furent témoins oculaires de ce miracle, ainsi que Cyrille lui-même, qui, après en avoir rendu grâces à Dieu dans l’église, raconta le fait dans une lettre à l’empereur Constance. Un prodige non moins digne d’admiration est ce qui arriva aux Juifs, lorsque, sur l’ordre de l’empereur Julien, ils s’efforçaient de rebâtir le temple renversé par l’empereur Titus : un violent tremblement de terre se produisît, d’énormes tourbillons de flammes sortirent du sol, et le feu consuma tous les travaux, de sorte que les Juifs et Julien, changeant d’avis, abandonnèrent leur entreprise, comme Cyrille l’avait prédit avec assurance. Peu de temps avant sa mort, ce Saint prit part au second concile de Constantinople, dans lequel on condamna l’hérésie des Macédoniens et de nouveau celle des Ariens. De retour à Jérusalem il y fit une sainte mort le 18 avril 387, étant presque septuagénaire et dans la trente-cinquième année de son épiscopat. Fêté le 18 mars dans les calendriers orientaux dès le Ve siècle chez les Arméniens. Léon XIII introduisit sa fête en 1882 avec le titre de Docteur de l’Église.

Lundi 18 mars – De la férie : messe du lundi de la Première semaine de la Passion – Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église – Saint Salvador d’Horta, Frère convers, Premier Ordre Franciscain
A Cagliari, en Sardaigne, saint Sauveur de Orta, confesseur, de l’Ordre des Frères Mineurs.

Saint Salvador d’Horta, Frère convers, Premier ordre franciscain

Salvador naît en décembre 1520 à l’hôpital de Santa Coloma de Farners, dans la province espagnole de Gérone, où ses parents sont serfs. En 1534, il devient orphelin et s’installe à Barcelone, où il exerce différents petits métiers afin de vivre et de faire vivre sa sœur. Puis, il la marie rapidement et peut ainsi réaliser son désir d’entrer dans les ordres. Après un séjour à l’abbaye de Montserrat, il entre comme frère convers, le 3 mai 1541, au couvent franciscain de Santa Maria de Jesus, près de Barcelone, et prend le nom de Frère Salvador. En 1542, il professe ses vœux et est envoyé au couvent de Tortosa, où il exerce les tâches les plus humbles et les plus pénibles. Il devient rapidement célèbre parmi les frères pour son ascétisme et son humilité. Le frère Salvador acquiert rapidement une réputation de guérisseur, et le couvent devient une destination pour les pèlerins malades. Le monastère reçoit environ 2 000 personnes par semaine.

Cette réputation gêne cependant ses frères et ses supérieurs qui développent de nombreux soupçons à son égard. Il est alors transféré de couvents en couvents : il est d’abord envoyé à Bellpuig, puis à Lleida et au couvent Notre-Dame des Anges d’Horta de Sant Joan, où il reste pendant douze ans, de 1547 à 1559. Il est ensuite transféré au couvent de Reus puis à Madrid, où il est visité par le roi Philippe II, et, enfin, au couvent de Barcelone. En 1560, il est dénoncé à l’Inquisition espagnole à cause des nombreux miracles attribués à son intercession. Après quelques recherches, celle-ci choisit cependant de ne prendre aucune mesure contre lui. Enfin, il finit par être envoyé, en novembre 1565, au couvent de Santa Maria de Jesus, à Cagliari (Sardaigne), où il travaille comme cuisinier et où il meurt en odeur de sainteté le 18 mars 1567. Béatifié le 15 février 1606 par le pape Paul V, il est finalement canonisé le 17 avril 1938 par le pape Pie XI. $

Martyrologe

A Jérusalem, Saint Cyrille évêque, confesseur et docteur de l’Église. Après avoir souffert de la part des ariens toutes sortes d’injures pour la cause de la foi, après avoir été souvent chassé de son Église, il décéda en paix, célèbre par l’éclat de sa sainteté. De sa foi intègre, le premier concile œcuménique de Constantinople rendit un témoignage éclatant, dans une lettre au pape saint Damase.
A Césarée de Palestine, l’anniversaire du bienheureux Alexandre évêque. De la Cappadoce et de la ville même dont il était évêque, il vint à Jérusalem pour visiter les Lieux Saints. Là, Narcisse, qui gouvernait, comme évêque, l’Église de Jérusalem, se trouvant alors d’un âge très avancé, Alexandre, sous l’inspiration divine en assuma lui-même la charge. Plus tard, durant la persécution de Dèce, Alexandre, que rendaient vénérable son grand âge et ses cheveux blancs, fut conduit à Césarée, enfermé dans une prison où il termina son martyre pour la foi du Christ.

A Augsbourg, saint Narcisse évêque. Le premier il prêcha l’Évangile en Réthie, alla ensuite en

Espagne, fit à Gérone de nombreuses conversions, et durant la persécution de l’empereur Dioclétien, reçut la palme du martyre, avec son diacre nommé Félix.

A Nicomédie, dix mille bienheureux martyrs, qui furent frappés par le glaive, pour avoir confessé le Christ.
Là encore, les saints martyrs Trophime et Eucarpe.

En Grande-Bretagne, saint Edouard roi. Mis à mort par les intrigues de sa belle-mère, il devint célèbre par de nombreux miracles.

A Lucques, en Toscane, saint Frigdien évêque, illustre par le don des miracles.

A Mantoue, saint Anselme, évêque de Lucques et confesseur.

A Cagliari, en Sardaigne, saint Sauveur de Orta, confesseur, de l’Ordre des Frères Mineurs. Célèbre par ses vertus et par le don très particulier des miracles, il a été inscrit par le pape Pie XI au nombre des habitants des cieux.

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